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Verdict 3,5 sur 5. Critique La Bataille de Gaulle film 2026, avis sur le premier volet de la fresque historique d’Antonin Baudry, sorti en France le 3 juin 2026, avec Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Florian Lesieur, Benoît Magimel, Mathieu Kassovitz, Anamaria Vartolomei et Niels Schneider. Juin 1940, la France signe l’armistice, De Gaulle part à Londres, personne ou presque ne lui donne raison. Le film avance avec une énergie rare pour un sujet aussi chargé. Il impressionne souvent, il appuie trop parfois, il ralentit très peu.

  • Titre La Bataille de Gaulle – L’âge de fer
  • Réalisation Antonin Baudry
  • Scénario Bérénice Vila, Antonin Baudry
  • Distribution Simon Abkarian, Simon Russell Beale, Florian Lesieur, Benoît Magimel, Mathieu Kassovitz, Loïc Corbery, Anamaria Vartolomei, Niels Schneider
  • Genre historique, thriller
  • Sortie France 3 juin 2026
  • Durée 2 h 40
  • Sélection hors compétition au Festival de Cannes 2026
bande annonce La Bataille de Gaulle film 2026 Antonin Baudry

Antonin Baudry traite De Gaulle avant la reconnaissance officielle, dans une période où son autorité n’a rien d’évident, où son nom ne suffit pas, où sa parole doit convaincre des interlocuteurs hostiles ou sceptiques. C’est là que le film trouve ses meilleurs passages. Pas dans l’hommage automatique, mais dans l’écart entre une conviction énorme et un monde qui répond avec des sourires fermés.

Le film porte aussi une ambition très visible. Deux parties, un large casting, une durée de 2 h 40, une sortie pensée comme événement national. Tout cela pourrait donner une procession très droite, très propre, très satisfaite. Baudry évite une partie du risque grâce au mouvement. Les scènes parlent vite, les lieux changent, les rapports de force s’enchaînent. On sent l’envie de faire un grand film populaire sans imposer au spectateur une révérence automatique.

Le meilleur du film vient du décalage entre la certitude de De Gaulle et le peu de crédit qu’on lui accorde encore. Dès que le personnage connu prend trop de place, le récit devient moins vif.

Un De Gaulle encore contesté

Le choix le plus intéressant consiste à commencer au moment où De Gaulle n’est pas encore De Gaulle dans les yeux des autres. Il arrive avec sa taille, sa voix, son entêtement, mais sans armée, sans mandat clair, sans victoire à présenter. Le film comprend que cette faiblesse institutionnelle vaut mieux qu’une entrée triomphale. Elle rend le personnage plus instable, donc plus cinématographique.

Simon Abkarian joue cette contradiction avec beaucoup de tenue. Il ne cherche pas la copie parfaite. Il travaille la raideur, les silences trop longs, la manière de rester dans une pièce comme si la pièce devait finir par lui obéir. Sa composition a parfois quelque chose de volontairement ingrat. C’est une bonne décision. De Gaulle n’a pas besoin d’être aimable à chaque plan. Il doit être lisible, buté, parfois pénible, souvent seul.

Le film se montre plus juste quand il laisse les interlocuteurs douter de lui. Les Anglais calculent. Les militaires français hésitent. Les résistants naissent avant d’avoir un nom stable. Dans ces moments, le récit respire mieux. Il montre une idée politique en train de se fabriquer, pas une vérité déjà validée par la mise en scène.

Simon Abkarian tient le centre sans imiter

Abkarian a la tâche la plus risquée. Tout le monde connaît la silhouette, la diction, les archives, les caricatures, les cérémonies. Il aurait pu s’enfermer dans le mimétisme. Il choisit autre chose. Son De Gaulle parle comme quelqu’un qui se surveille, puis laisse parfois passer une fatigue sèche. Le corps reste droit, mais le visage trahit assez de tension pour éviter le simple portrait scolaire.

La réussite vient surtout de cette distance. L’acteur ne réduit pas De Gaulle à une suite de signes reconnaissables. Il donne un homme qui veut que sa phrase survive au chaos immédiat. Quand il écoute Churchill, quand il affronte le mépris, quand il ajuste une formulation politique, Abkarian impose une présence solide.

Simon Russell Beale donne à Churchill une densité utile, moins décorative que prévu. Les scènes entre les deux hommes tiennent parce qu’elles ne cherchent pas seulement le duel de voix graves. On y voit deux tempéraments, deux intérêts, deux façons de comprendre la guerre et la communication. Baudry aime ces échanges. Il les filme avec assez de rythme pour éviter la scène figée.

Abkarian évite la copie de concours. Il garde la silhouette attendue, mais il cherche surtout la gêne, la fatigue et l’autorité encore fragile du personnage.

Antonin Baudry veut du mouvement partout

On reconnaît chez Baudry le goût du dispositif tendu. Après Le Chant du loup, il garde cette envie de filmer la décision avec des gestes, des déplacements et des délais très concrets. Dans La Bataille de Gaulle – L’âge de fer, un télégramme, une réunion, un trajet, une phrase envoyée à la radio deviennent des actes décisifs. Le film gagne beaucoup à refuser la scène historique immobile.

Le montage avance vite, parfois très vite. Les bureaux, les trains, les couloirs, Londres, la France occupée, l’Afrique, les visages anonymes, tout circule. Cette vitesse donne une vraie sensation de panique organisée. La défaite n’est pas un décor. C’est une pression constante qui oblige chacun à choisir plus tôt qu’il ne voudrait.

La mise en scène sait aussi faire sentir la disproportion. De Gaulle parle au nom d’un pays qui ne l’a pas encore suivi. Ce décalage pourrait prêter à sourire. Baudry l’assume sans ironie lourde. Il comprend que le ridicule possible fait partie du courage politique. Un homme seul qui dit nous peut paraître fou, arrogant ou nécessaire. Le film garde cette ambiguïté assez longtemps pour rester vivant.

Le film gagne quand il regarde autour de lui

La meilleure surprise vient des personnages qui ne portent pas le nom du titre. Florian Lesieur, Benoît Magimel, Mathieu Kassovitz, Anamaria Vartolomei et Niels Schneider donnent au récit des appuis variés. Le film n’a pas toujours le temps de les creuser, mais il évite de réduire la France libre à une seule volonté masculine qui avancerait en solitaire.

Les lycéens, les soldats, les résistants et les relais anonymes permettent au film de quitter les bureaux. On comprend mieux ce que signifie une parole politique quand elle touche des corps exposés, des familles, des jeunes qui n’ont pas encore les mots pour nommer ce qu’ils refusent. Ces passages apportent une tension plus concrète que plusieurs discussions entre hauts responsables.

C’est aussi là que le film se contredit parfois. Il veut montrer un peuple qui se lève, mais il revient très vite vers les grandes figures. Le mouvement collectif existe, puis il reste souvent au second plan. Le film aurait gagné à laisser davantage de place à ceux qui prennent des risques sans pouvoir inscrire leur nom dans le titre.

Le film parle beaucoup du collectif, puis revient vite vers les hommes installés dans les salles de décision. Les anonymes donnent pourtant plusieurs des scènes les plus directes.

Une ampleur qui fatigue parfois le récit

La durée n’est pas le vrai problème. Deux heures quarante peuvent passer très vite quand chaque séquence déplace le regard. Ici, le rythme tient souvent, mais certaines scènes veulent prouver une grandeur déjà visible. La musique monte, les plans durent, les phrases cherchent le poids maximal. On comprend l’intention. On la comprend même un peu trop.

Baudry a une énergie de conteur, et cette énergie évite au film la reconstitution poussiéreuse. Elle crée aussi une forme d’insistance. Le récit veut être politique, romanesque, militaire, intime, diplomatique, spectaculaire. Il réussit plusieurs de ces registres. Il trébuche quand il veut les réussir tous dans le même quart d’heure. La bataille devient alors moins une progression qu’une accumulation.

Le film reste pourtant très au dessus du biopic français paresseux. Il a du nerf, des idées de mise en scène, un acteur principal habité, une envie sincère de rendre l’Histoire regardable sans la rendre plate. Il manque parfois une coupe plus sèche, une confiance plus grande dans les scènes simples, un refus plus net des effets qui annoncent eux-mêmes leur puissance.

Le tableau de l’avis

Rubrique Note Ce qui marche Ce qui coince
Interprétation 4 sur 5 Simon Abkarian impose une présence sans singer les archives Certains seconds rôles restent trop vite esquissés
Mise en scène 3,5 sur 5 Rythme soutenu, espaces variés, vraie tension politique Quelques effets soulignent trop la grandeur attendue
Scénario 3,5 sur 5 Bon point de départ avec un De Gaulle encore contesté Le collectif manque parfois d’autonomie
Ampleur 4 sur 5 Le film ose un grand format populaire français L’accumulation fatigue par endroits
Impact final 3,5 sur 5 Un premier volet solide qui donne envie de voir la suite La nuance se perd quand le film insiste trop sur la grandeur

À qui conseiller La Bataille de Gaulle

Le film parlera aux spectateurs qui aiment les récits historiques nerveux, les décisions politiques filmées avec vitesse et les portraits d’hommes publics avant leur reconnaissance. Si tu cherches une reconstitution très sobre, tu risques de trouver le film trop chargé. Si tu acceptes un grand format parfois trop sûr de lui, il y a de quoi rester accroché.

Dans les critiques récentes du site, Les Goûteuses d’Hitler offre un autre rapport à la Seconde Guerre mondiale, plus resserré, plus physique, moins attiré par la grande phrase. Pour comparer avec un biopic plus centré sur l’image publique, Michael reste un bon contrepoint. Et pour un film de groupe qui travaille la parole et les positions sociales, L’Objet du délit prolonge une autre forme de conflit collectif.

La Bataille de Gaulle – L’âge de fer a surtout le mérite de prendre un vrai risque industriel. Le cinéma français parle souvent d’ambition avec des affiches très sages. Ici, l’ambition se voit, se discute, agace parfois, mais elle existe à l’écran.

Mon avis final sur La Bataille de Gaulle

La Bataille de Gaulle – L’âge de fer est un premier volet solide, ample, trop démonstratif par moments, mais rarement paresseux. Antonin Baudry réussit le plus difficile quand il montre un De Gaulle encore contesté, presque encombrant, obligé de transformer une conviction personnelle en parole politique. Dans ces scènes, le film a une vraie force.

Je lui reproche surtout de trop signaler sa propre grandeur. La musique, le montage, les phrases et la durée cherchent parfois à fabriquer un élan que les situations portaient déjà. Le film reste malgré tout une proposition française rare, populaire sans être plate, sérieuse sans être totalement figée. Pas un résultat irréprochable. Un film ambitieux, parfois bruyant, souvent prenant, assez vivant pour donner envie de revenir le 3 juillet devant la suite.

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🎥 Cinévore obsessionnel | 🖊️ Critiqueur en chef de l’ennui | 🎭 Sarcasme en Dolby Atmos

« Si un film me plaît, c’est un chef-d'œuvre. Si je le déteste, c’est une purge cosmique. Y a pas d’entre-deux. »

📌 Objectif : Dézinguer les clichés, sacrer les pépites et survivre aux navets.

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