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Verdict 3 sur 5. The Last Viking, film d’Anders Thomas Jensen avec Mads Mikkelsen, Nikolaj Lie Kaas, Lars Brygmann et Sofie Gråbøl, arrive en salle avec une promesse assez chargée. Anker sort de prison après quinze ans et veut récupérer l’argent d’un braquage confié à son frère Manfred. Mauvaise nouvelle, Manfred ne sait plus où il l’a caché et se prend pour John Lennon. Le film aligne donc butin, famille détruite, trouble psychique, violence sèche et humour danois bien sale. Rien que ça. Quand Jensen laisse les acteurs travailler la gêne, c’est précis. Quand il décide que chaque scène doit prouver son excentricité, le film devient trop appuyé. Quelle surprise, le bizarre forcé fatigue aussi vite que le sérieux forcé.

Le résultat reste souvent stimulant, parce que Jensen sait encore fabriquer des situations franchement inconfortables. Il observe des hommes incapables de dire ce qu’ils ressentent, puis les enferme dans des scènes où l’argent, la honte et les souvenirs se mélangent très mal. Le film a du rythme, une vraie méchanceté comique et plusieurs ruptures de ton qui fonctionnent. Il a aussi une tendance agaçante à transformer chaque fragilité en gag trop souligné. À croire qu’un personnage blessé ne peut exister que si trois blagues viennent confirmer qu’on a bien compris sa blessure.

  • Réalisation Anders Thomas Jensen
  • Scénario Anders Thomas Jensen
  • Distribution Mads Mikkelsen, Nikolaj Lie Kaas, Lars Brygmann, Sofie Gråbøl, Søren Malling, Bodil Jørgensen, Kardo Razzazi et Nicolas Bro
  • Titre original Den Sidste Viking
  • Genre comédie noire, drame, thriller
  • Sortie France 15 juillet 2026
  • Durée 1 h 56
  • Classification interdit aux moins de 12 ans

bande annonce The Last Viking Mads Mikkelsen

Jensen connaît très bien ce terrain. Il a déjà filmé des hommes raides, des familles abîmées, des accès de violence qui arrivent avec un calme déplaisant. Avec Mikkelsen et Lie Kaas, il retrouve une troupe qui sait jouer la dégradation sans faire la grimace au public. Le souci vient de la quantité. Le film veut être un récit de butin, une étude sur le traumatisme, une comédie à froid, une histoire de groupe et une réflexion sur l’identité. Ça fait beaucoup pour un film qui gagne dès qu’il reste au contact des deux frères.

Anker n’est pas un frère modèle, et c’est heureux. Le scénario ne le blanchit pas pour lui donner une trajectoire de réparation bien propre. Il sort de prison avec son argent en tête, pas avec une soudaine envie de devenir gentil parce que la morale du troisième acte l’exige. Face à lui, Manfred ne se contente pas de fournir la bizarrerie du programme. Son délire autour de John Lennon, ses lunettes rondes, ses silences et ses paniques forment la partie la plus risquée du film. Là, Jensen marche parfois juste. Pas toujours. Il faudrait presque le remercier pour l’irrégularité, au moins on ne s’endort pas dans le confort.

Le film fonctionne quand il laisse Anker et Manfred s’abîmer mutuellement sans expliquer chaque réaction. Leur lien suffit à créer la gêne.

Une comédie noire volontairement instable

The Last Viking démarre comme un film de butin. Anker sort, cherche l’argent, retrouve son frère, comprend que le plan simple est déjà mort. C’est une base efficace. Le spectateur sait ce que le personnage veut, puis le film lui retire presque aussitôt les moyens de l’obtenir. Manfred n’est pas seulement un obstacle. Il devient une présence qui oblige Anker à revenir dans une histoire familiale qu’il préférerait réduire à une affaire de sac enterré. Le film est meilleur dans cette contradiction. L’argent avance le récit, mais la famille le salit.

La comédie repose sur un décalage constant entre la brutalité des faits et la manière sèche dont les personnages les encaissent. Jensen aime les conversations où quelqu’un dit une absurdité énorme avec le calme d’un employé de bureau fatigué. C’est parfois très drôle, surtout quand le montage coupe avant la petite relance explicative. Le rire arrive alors parce que la scène refuse de quémander. Merci, ça change. À d’autres moments, le film appuie la bizarrerie avec une insistance moins fine. Le groupe de personnages secondaires débarque, les troubles se multiplient, les gestes deviennent plus larges et la mécanique se voit.

Ce déséquilibre fait partie de l’identité du film, mais il n’excuse pas tout. Une comédie noire peut être excessive sans devenir automatique. Ici, plusieurs scènes répètent le même principe. Un personnage dit ou fait quelque chose d’inadapté, Anker s’énerve, Manfred se referme, puis la scène cherche à produire à la fois gêne, rire et tendresse. Quand le dosage tient, c’est très bon. Quand il lâche, on voit seulement un scénario fier d’avoir empilé trois réactions dans la même minute. Quelle efficacité administrative.

Mads Mikkelsen compose sans demander la pitié

Mads Mikkelsen reste la principale raison de voir le film. Son Manfred ne joue pas la souffrance avec des grands signes visibles. Il baisse la voix, évite le regard, se tient comme un adulte qui a trouvé une posture d’enfant pour ne plus répondre au monde. Les lunettes rondes et l’obsession Lennon auraient pu devenir un numéro facile. Mikkelsen limite souvent le dégât. Il rend le personnage étrange sans le réduire à son étrangeté. C’est là que le film gagne en justesse.

Le rôle demande une précision pénible. Trop de retrait, et Manfred devient une fonction triste. Trop de comédie, et le personnage devient une attraction. Mikkelsen trouve une zone plus intéressante. Il laisse parfois apparaître une colère sèche, presque honteuse, puis revient à une forme d’absence qui coupe la scène. On sent que Manfred n’est pas seulement perdu. Il résiste aussi, à sa façon, à ce que son frère veut lui imposer. Cette résistance donne au duo sa meilleure tension.

Nikolaj Lie Kaas a le rôle moins séduisant, donc le plus ingrat. Anker doit être brutal, impatient, parfois franchement antipathique, sans devenir un simple bloc de colère. L’acteur apporte une fatigue concrète. Il ne cherche pas à rendre le personnage aimable. Il montre un homme qui veut régler une dette matérielle parce que les autres dettes demanderaient trop d’effort. Le film devient plus fort quand il garde cette dureté. Il devient plus faible quand il commence à organiser la compassion autour d’eux avec un peu trop de soin.

Le duo fonctionne parce que les acteurs refusent le charme facile. Le film les gêne davantage quand il veut rendre leur relation trop lisible.

Le trouble psychique devient un ressort risqué

Le point le plus délicat tient au traitement du trouble de Manfred. Jensen veut montrer un esprit cassé par l’enfance, la violence familiale et les années de silence. Il veut aussi faire rire avec cette dissociation, avec des personnages qui forment un groupe, chantent, discutent et transforment leur fragilité en situations absurdes. L’équilibre est possible. Il demande seulement une vigilance que le film ne garde pas toujours. Détail embêtant, forcément.

Les meilleures scènes ne rient pas de Manfred. Elles rient de l’incapacité des autres à l’écouter autrement que comme un problème à résoudre. Anker veut retrouver son argent. Les autres veulent aider, corriger, pousser, interpréter. Manfred, lui, existe dans une logique qui ne se laisse pas remettre en ordre par la volonté du récit. Quand le film accepte cela, il devient plus touchant sans réclamer de mouchoir. Il observe la violence d’une famille qui demande au plus fragile de produire une réponse utilisable. Charmant programme.

Mais Jensen aime trop les ruptures brutales pour toujours respecter cette ligne. La violence surgit, les gags reviennent, le groupe prend de la place, et certains passages utilisent le diagnostic comme un accélérateur de comédie. Ce n’est pas toujours raté. C’est parfois franchement drôle. Mais le film laisse aussi une impression gênante, surtout quand les troubles secondaires servent surtout à créer une galerie de comportements extravagants. On peut rire du malaise. On peut même rire très noir. Encore faut-il ne pas traiter chaque symptôme comme une sonnette.

Le film confond parfois audace et insistance. La fragilité de Manfred suffit déjà, les gags ajoutés autour de lui deviennent parfois trop visibles.

Anders Thomas Jensen surcharge son récit

Le film dure près de deux heures et le sent par moments. Pas parce qu’il manque d’événements. Il en a presque trop. Le butin, les souvenirs, les rancunes, les personnages secondaires, les flashbacks, la violence, les chansons, la maison, les dettes affectives, le père absent qui continue de peser. Jensen a de la matière. Il la traite avec une énergie réelle. Il oublie parfois que certaines scènes auraient gagné à rester plus courtes.

Le problème n’est pas l’excès en soi. Un film de Jensen sans excès serait une triste formalité. Le problème vient de la hiérarchie. Tout semble parfois placé au même niveau. Une blague, un coup, une révélation familiale, un regard de Manfred, une intervention secondaire. Le film demande au spectateur de passer d’un registre à l’autre très vite, ce qui peut produire une belle nervosité. Puis, à force, cela donne aussi une impression de scénario persuadé que la surprise suffit à remplacer la progression. Non. Même le désordre demande un minimum de tenue. Désolé pour cette nouvelle accablante.

La mise en scène reste solide. Les scènes en forêt ont une texture rude, la maison garde une présence très concrète et les moments de groupe ne ressemblent pas à une simple suite de sketches. Jensen sait organiser l’espace, surtout quand la violence menace sans éclater tout de suite. Le montage a du répondant. La musique appuie parfois trop, mais elle reste dans la logique du film, entre Beatles réinventés et malaise familial. Rien de honteux. Juste une envie constante de tout faire entrer, même ce qui aurait dû rester au bord.

Tableau critique

Élément Ce qui fonctionne Ce qui gêne
Duo central Mikkelsen et Lie Kaas installent une tension fraternelle sèche et crédible Le film explique parfois trop ce que leur gêne montre déjà
Comédie noire Plusieurs ruptures de ton produisent un vrai rire inconfortable Certains gags répètent le même principe avec trop d’assurance
Violence Les accès brutaux gardent le récit sous pression Le contraste avec la tendresse familiale paraît parfois calculé
Manfred Mads Mikkelsen évite souvent le numéro démonstratif Le traitement du trouble psychique devient parfois trop pratique
Rythme La séance reste vivante et rarement molle Le film accumule trop de personnages et de relances

Face aux critiques déjà publiées

Sur la requête critique The Last Viking, les premiers résultats s’appuient beaucoup sur la presse anglophone. The Film Stage insiste sur la tendresse du film, la santé mentale masculine et le jeu plus fragile de Mikkelsen. Variety souligne plutôt le mélange inégal entre farce aimable et violence sévère. Rotten Tomatoes agrège un accueil critique très favorable, tandis qu’AlloCiné apporte les données utiles pour la sortie française, avec la presse, les séances et la bande-annonce. L’intention de recherche est nette. Le lecteur veut savoir si cette curiosité danoise mérite une place en salle, pas seulement si Mikkelsen porte des lunettes rondes avec conviction.

C’est là que The Last Viking demande une réponse moins promotionnelle. Oui, le film a une vraie identité. Oui, Mikkelsen justifie largement la curiosité. Oui, Jensen sait encore faire cohabiter rire sec, violence et mélancolie familiale. Mais non, l’ensemble n’est pas aussi maîtrisé que son meilleur quart d’heure le laisse espérer. Le film force parfois son étrangeté, insiste sur ses ruptures, charge ses personnages secondaires et transforme plusieurs bonnes idées en passages trop voyants. Ce n’est pas un échec. C’est plus irritant que ça, un film assez bon pour laisser voir où il aurait pu devenir nettement meilleur.

Dans les critiques récentes du site, Kill Bill The Whole Bloody Affair montrait déjà un film où la durée et la violence finissent par peser sur le plaisir. The Furious assumait de son côté un rapport plus direct au choc physique, avec moins d’ambition psychologique. The Last Viking se situe ailleurs. Il veut rire d’une famille détruite sans la réduire à une blague, puis il trébuche parfois précisément sur cette ambition. Il fallait évidemment choisir la zone la plus difficile. Sinon, où serait le plaisir de se compliquer la vie.

Faut-il voir The Last Viking au cinéma

Oui, si tu aimes les comédies noires scandinaves, les récits familiaux abîmés, les acteurs qui refusent de rendre chaque émotion confortable et les films capables de passer d’un rire sec à une scène franchement dure. La séance a du caractère. Elle a aussi ce plaisir rare de voir Mads Mikkelsen sortir de son image internationale plus froide pour jouer un personnage fuyant, enfantin, fermé, puis soudain très présent. Rien que pour ce travail, le déplacement se défend.

Non, si tu attends une comédie noire parfaitement tenue ou un thriller de butin vraiment resserré. The Last Viking s’éparpille, force plusieurs effets, utilise parfois les troubles de ses personnages avec une facilité agaçante et laisse son récit dépasser la bonne mesure. La note de 3 sur 5 reflète ce mélange. Le film est singulier, joué avec une précision réelle et parfois très drôle. Il reste trop insistant pour devenir pleinement convaincant. Jensen a une matière forte, un duo remarquable et des scènes qui marquent. Il ajoute trop de couches autour. Comme quoi, même les films les plus tordus peuvent avoir un problème très banal, ils veulent trop prouver qu’ils ne le sont pas.

Faut-il voir The Last Viking au cinéma

Oui si vous aimez les comédies noires scandinaves, Mads Mikkelsen et les récits familiaux inconfortables. Le film reste inégal, mais il a une vraie présence.

Quelle note pour The Last Viking

La note CestQuelFilm est de 3 sur 5. Le film est singulier et bien joué, mais trop insistant dans plusieurs ruptures de ton.

The Last Viking est-il violent

Oui. Le film mélange comédie noire, scènes brutales et drame familial. Sa classification française interdit aux moins de 12 ans va dans ce sens.

The Last Viking est-il lié à Riders of Justice

Pas par son intrigue. Le lien vient surtout d’Anders Thomas Jensen, de Mads Mikkelsen et de Nikolaj Lie Kaas, qui collaborent à nouveau.

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