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Verdict : 2,5/5Critique Super Mario Galaxy Le Film en deux mots : déluge visuel, vitesse absurde, fan service massif, mais un scénario sous-alimenté et des émotions coupées en plein vol. Si tu veux du mouvement, fonce. Si tu veux une vraie claque de cinéma, tu risques surtout d’admirer un très beau packaging.

  • Titre : Super Mario Galaxy Le Film
  • Réalisateurs : Aaron Horvath, Michael Jelenic
  • Durée : 1h38
  • Avec : Chris Pratt, Anya Taylor-Joy, Charlie Day, Donald Glover, Brie Larson, Benny Safdie
  • Genre : Animation d’aventure familiale

Parce que oui, il faut l’écrire sans tourner autour du tuyau. Ce nouvel épisode cartonne, et c’est logique. Le film sort dans un contexte idéal, il empile les mascottes, il vend du Nintendo en format XXL, il ajoute Yoshi, Rosalina et Bowser Jr. à la fête, et il le fait avec une puissance commerciale qui ne tremble pas un instant. Au 27 avril 2026, il a déjà dépassé 831,4 millions de dollars dans le monde, pendant que la France l’emmène au-delà des 4,07 millions d’entrées. Tu peux appeler ça un carton sans rougir.

Le souci, c’est que tout cela ne fabrique pas automatiquement du cinéma. Ça fabrique un objet très efficace, très propre, très coûteux à produire, très simple à vendre.

Et aussi très limité dans sa manière de raconter quelque chose. Là où le Mario spatial qui sert de matrice au projet avait de la grâce, du vertige, du silence et une petite mélancolie, cette adaptation préfère la surdose. Elle voit plus grand, plus vite, plus fort. Elle pense donc faire mieux. Raté.

Visuellement, le film fait le boulot sans trembler. Narrativement, il donne surtout l’impression qu’un comité a confondu densité et empilement.

 

Pourquoi cette suite divise autant

La fracture critique n’a rien d’un mystère. D’un côté, la machine commerciale marche à plein régime. De l’autre, la réception presse garde une vraie froideur.

Rotten Tomatoes l’affiche à 43 pour cent côté critiques contre 88 pour cent côté public vérifié, tandis que Metacritic le cale à 37 sur 100 avec une majorité d’avis mixtes et négatifs. En France, la presse tourne à 2,9 sur 5 et le public à 3,6 sur 5. Autrement dit, le fossé existe, il est net, et il n’a rien d’un caprice de deux ou trois grincheux.

Cette cassure dit presque tout du film. Il vise d’abord la gratification immédiate du fan, pas la construction patiente d’un récit. Les synthèses critiques parlent d’un objet splendide à l’œil, très rapide, saturé d’easter eggs, mais peu capable de convaincre au-delà du public déjà acquis.

La critique française la plus sèche y voit même un gigantesque spot promotionnel qui ne dépasse jamais vraiment son cahier des charges. Le film sait parfaitement où appuyer. Gros rythme, musique connue, mascottes bien rangées, clins d’œil à la chaîne, et une promesse assez claire. Ne réfléchis pas trop, regarde la prochaine attraction.

 

👍 Points forts

  • 🌌 Animation somptueuse, couleurs superbes, vraie richesse de textures et d’échelle
  • 🎵 Bande-son solide, thèmes iconiques mieux exploités, chansons pop moins envahissantes
  • 🐢 Quelques idées de personnages très bonnes, surtout autour de Bowser et Bowser Jr

👎 Points faibles

  • 🧩 Intrigue maigre, révélations lourdes expédiées sans respiration
  • 🚀 Montage trop pressé, aucune scène n’a le temps de s’installer
  • 🪪 Fan service qui remplace trop souvent l’écriture, avec un Mario presque secondaire

 

Un scénario qui court plus vite que ses idées

Sur le papier, il y avait pourtant de quoi tenir quelque chose de solide. Mario et Luigi reprennent du service alors qu’un appel à l’aide relance l’action. Bowser a été capturé puis miniaturisé, Bowser Jr veut restaurer l’honneur familial, Rosalina devient l’enjeu du conflit, Princess Peach voit ressurgir une part trouble de son passé, et l’aventure file vers les étoiles avec Yoshi dans le lot.

Les synopsis officiels insistent d’ailleurs sur cette poussée cosmique, sur Bowser Jr comme nouveau danger, et sur les zones d’ombre du passé de Peach.

Le film n’échoue donc pas faute d’idées. Il échoue faute de patience. Chaque piste arrive, fait son numéro, puis quitte déjà le cadre pour laisser passer la suivante. La relation père-fils entre Bowser et Bowser Jr ouvre une vraie brèche.

Le passé de Peach, lié à Rosalina, pouvait donner au récit une colonne émotionnelle. Même la dimension plus douce d’un Bowser réformé, esquissée par plusieurs critiques, avait de quoi nourrir autre chose qu’un simple gag. À la place, tout sert de carburant à un mouvement perpétuel. On n’habite rien. On traverse tout.

Le pire, c’est que cette fuite rend le film plus petit qu’il ne le croit. Un décor galactique devrait agrandir l’aventure. Ici, il sert souvent de fond d’écran luxueux à une trame qui saute d’un point A à un point B avec la brutalité d’un résumé mal monté.

Même des critiques plutôt ouvertes au spectacle parlent d’« assaut visuel », quand d’autres regrettent que la mise en scène se contente de te pousser vers le prochain gros morceau sans vraie découverte. Ça résume bien le problème. Le film veut te faire sentir l’ampleur. Il te donne surtout un enchaînement.

 

Ce que le film raconte vraiment

Il raconte moins un voyage qu’une stratégie de franchise. Oui, il y a un récit central. Oui, il tient debout à peu près. Mais tout semble calibré pour préparer la suite, caser un visage connu, tester un duo, ouvrir une porte.

L’irruption de Fox McCloud relève de cette logique au moins autant que d’un vrai besoin dramatique. Les synthèses critiques l’assument presque à demi-mot, en pointant un film construit pour les fans, bourré de détails référentiels, avec un œil déjà tourné vers ce qui viendra après.

Le cinéma de licence a un défaut très net quand il perd sa pudeur. Il ne raconte plus une histoire, il te montre son tableau Excel.

 

Ce qui aurait pu sauver l’ensemble

Une seule décision simple suffisait à changer la donne. Ralentir. Laisser une scène durer. Laisser Peach exister autrement que comme moteur noble. Laisser Rosalina peser dans le film au lieu de n’être que son prétexte.

Laisser Bowser Jr devenir autre chose qu’un mini tyran fonctionnel. Bref, faire confiance aux personnages. Le film préfère faire confiance à l’inventaire.

 

Une mise en scène qui brille et qui triche

Sur le plan purement plastique, il faut rendre à Illumination ce qui appartient à Illumination. Le studio parisien livre une copie très solide. Les textures, les lumières, les variations d’échelle, les ciels, les pluies d’étoiles, les surfaces rondes et les effets de gravité ont de la tenue.

Le film n’est jamais laid. Il a même souvent de la gueule. Les retours critiques convergent d’ailleurs sur ce point. Les images sont décrites comme foisonnantes, très détaillées, parfois même sidérantes, et l’équipe d’Illumination Studios Paris revendique bien le film dans son portfolio officiel.

La musique aide beaucoup. Brian Tyler reprend la partition, et plusieurs sources soulignent que le score recycle enfin les thèmes historiques avec un peu plus de tenue, en particulier ceux issus de l’ère Galaxy.

Un détail compte beaucoup ici. Les chansons pop parasites, si lourdes dans le film de 2023, reculent nettement. Très bonne décision. Là-dessus, le long-métrage corrige un vrai défaut du précédent épisode.

Mais cette réussite visuelle sert aussi de cache-misère. Une belle image qui reste huit secondes n’a pas le temps de devenir une scène. Elle passe. Tu l’enregistres.

Puis le film est déjà parti ailleurs, comme s’il avait peur qu’un enfant s’agace à la seconde où un personnage ne tombe pas, ne glisse pas ou ne grimpe pas sur un truc lumineux. Plusieurs critiques parlent d’un film à cadence frénétique, lancé à vitesse maximale, sans vraie respiration.

C’est exactement ça. Le problème n’est pas le mouvement. Le problème, c’est l’absence de pause. Et sans pause, pas de montée, pas de poids, pas de vertige. Juste du flux.

 

🗣️ Pauline Croquet : “adaptation respectueuse et futée” ⭐⭐⭐⭐

🗣️ Edouard Orozco : “quelques séquences emballantes, mais un film qui manque de souffle” ⭐⭐

 

Des personnages nombreux mais rarement servis

La meilleure idée du film, paradoxalement, ne concerne pas Mario. Elle touche Bowser. Jack Black garde ce sens du contretemps qui avait déjà sauvé une bonne partie du premier opus, et Benny Safdie donne à Bowser Jr une hargne un peu triste qui apporte au duo une épaisseur inattendue.

Ce n’est pas Shakespeare, on reste calme, mais au moins il se passe quelque chose. Plusieurs critiques ont d’ailleurs noté que le vrai fil émotionnel du film naît là, chez les méchants, pas chez les protagonistes officiels. C’est assez drôle. Et un peu gênant.

Le reste suit moins bien. Donald Glover donne à Yoshi une présence immédiatement attachante, minimale, presque sèche, et ça marche. Mais le personnage existe surtout parce qu’il devait exister.

Brie Larson, elle, manque de matière pour imposer Rosalina comme centre émotionnel durable, alors même que le film lui confie un rôle narratif majeur et une révélation lourde sur les origines de Peach. Les critiques les plus sévères parlent même d’un personnage gâché. Sur ce point, je ne vais pas jouer l’original. Elles ont raison.

Et Mario, dans tout ça, prend un coup assez rude. Chris Pratt et Charlie Day font le travail, aucun scandale là-dessus. Mais l’écriture décentre tellement son personnage central qu’il finit presque par devenir une mascotte de luxe au milieu de sa propre suite.

La critique de Première le dit sans détour, Mario tourne presque au PNJ dans son propre film. La formule est brutale. Elle tape juste. À force de vouloir donner un peu de temps à tout le monde, le film finit par ne plus donner assez de chair à celui qui devrait tenir l’ensemble.

 

Le bilan technique en un coup d’œil

Le cœur de mon avis tient dans ce tableau. Tu as un film très performant dans l’exécution immédiate, mais bien moins convaincant dès qu’il doit faire exister un enjeu, une progression ou une émotion durable.

Aspect Note Ce qui marche Ce qui bloque
Scénario 2/5 ⭐⭐ Base claire avec Bowser Jr, Rosalina et Peach Rythme haché, révélations expédiées, arcs aussitôt ouverts aussitôt fermés
Mise en scène 3/5 ⭐⭐⭐ Énergie constante, action lisible, sens du grand écran Aucune respiration, peu de montée dramatique, vertige cosmique sous-exploité
Animation et musique 4/5 ⭐⭐⭐⭐ Travail visuel très riche, belles textures, score mieux tenu La beauté plastique compense trop souvent les trous d’écriture
Personnages 2/5 ⭐⭐ Bowser et Bowser Jr sortent du lot, Yoshi reste charmant Mario subit, Rosalina manque d’espace, Peach absorbe le trop-plein narratif

Tu peux aimer ce film. Franchement, ce n’est pas difficile. Il est court, dense, bruyant, drôle par à-coups, visuellement très généreux. Il donne exactement ce qu’il promet à une large partie du public. Le problème, c’est qu’il promet trop peu à quiconque attend autre chose qu’un assemblage haut de gamme.

 

Ce que la presse a vu et ce que le public tolère

La plupart des critiques sérieuses convergent d’ailleurs vers le même nœud. Les louanges concernent l’animation, l’énergie, le foisonnement de détails, parfois l’efficacité du spectacle ou la voix de Jack Black.

Les réserves tombent presque toutes au même endroit. Histoire maigre, enjeux superficiels, rythme gonflé artificiellement, personnages sous-exploités, avalanche de références qui tient lieu d’écriture. Les synthèses critiques publiées au moment de la sortie résument exactement ce double mouvement. Superbe à l’œil, souvent amusant, et pourtant narrativement malingre.

Le public, lui, se montre bien plus indulgent. Et je ne vais pas jouer au snob de service, ce serait trop facile. Les scores d’audience élevés ont du sens. Le film remplit sa mission industrielle avec une précision redoutable.

Il flatte la mémoire du joueur, il donne au jeune public un manège cosmique lisible, il évite les tunnels émotionnels, il sécurise son humour, il ne s’attarde jamais là où ça pourrait devenir un peu rugueux. Bref, il rassure. Or un film qui rassure autant, tout en écrasant le box office, ne peut presque pas se planter sur sa cible.

Mais il faut arrêter avec cette idée paresseuse selon laquelle un film familial, un film Nintendo, ou un film d’animation n’aurait pas besoin d’être écrit avec un minimum d’exigence.

Le succès commercial n’invalide pas la faiblesse dramatique. Il la masque, c’est tout. Et dans le cas précis de ce Mario-là, il la masque très bien. Trop bien, même.

Quand le film touche à Bowser père raté, au passé de Peach ou à Rosalina, il touche à quelque chose de solide. Puis il coupe la scène et repart aussitôt vers un autre manège.

Mon verdict sans sucre ajouté

Si tu veux un gros spectacle familial, rapide, lumineux, blindé de références Nintendo et porté par une animation très propre, tu peux y aller. Tu ne voleras pas ton billet.

Si tu espères une adaptation qui comprenne vraiment pourquoi Super Mario Galaxy reste un sommet de la série pour tant de joueurs, là, ça se complique sérieusement. Le film revendique clairement cette inspiration venue des jeux Galaxy. Il ne retrouve jamais leur sensation si particulière.

Parce que ce que les jeux portaient surtout ne tenait pas seulement à leurs trouvailles visuelles. Ça tenait à leur rapport à l’espace, à la surprise, au vide, au rythme, au sentiment très curieux d’être petit dans un univers immense.

Le film reprend les planètes, les Lumas, Rosalina, Yoshi, la musique, les couleurs. Il récupère les signes. Il perd la sensation.

Au bout du compte, tu te retrouves face à une suite plus grosse, plus chère, plus remplie, mais pas meilleure. Un produit nettement au-dessus de la moyenne industrielle sur le plan visuel. Un film assez pauvre dès qu’il s’agit de raconter, de hiérarchiser, de faire monter une émotion, ou juste de laisser une scène respirer. C’est joli. C’est nerveux. C’est rentable. Et oui, c’est aussi terriblement frustrant.

CestQuelFilm https://cestquelfilm.fr/actualite

🎥 Cinévore obsessionnel | 🖊️ Critiqueur en chef de l’ennui | 🎭 Sarcasme en Dolby Atmos

« Si un film me plaît, c’est un chef-d'œuvre. Si je le déteste, c’est une purge cosmique. Y a pas d’entre-deux. »

📌 Objectif : Dézinguer les clichés, sacrer les pépites et survivre aux navets.

📢 Cinéastes, tremblez. Spectateurs, suivez-moi. 🚀

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