Noter post

Verdict 3 sur 5. Cette critique d’On l’appelait Robin des Bois part d’une idée forte. Michael Sarnoski récupère Robin à la fin, le prive de son confort légendaire et le confronte à ce qu’il a réellement laissé derrière lui. Le film avec Hugh Jackman, Jodie Comer et Bill Skarsgård propose une relecture sombre, physique, parfois sèche. Puis il s’installe dans un prieuré, baisse la voix, contemple la culpabilité et se persuade parfois que ralentir suffit à penser. Mauvaise nouvelle. Ce n’est pas automatique, même avec Hugh Jackman couvert de boue et de remords.

Le film a le bon goût de ne pas vendre une aventure familiale avec forêt propre et tir à l’arc de carte postale. Il attaque par la violence, la fatigue et une idée assez simple. Robin n’est plus une icône généreuse. C’est un survivant usé, un homme qui a construit sa réputation sur des récits arrangés, puis qui se retrouve face au prix de ses actes. Cette lecture a un impact réel parce qu’elle retire au personnage son confort habituel. Il ne vole pas les riches pour rassurer la salle. Il regarde surtout ce que ses choix ont détruit. Ce n’est pas très aimable. Tant mieux.

  • Film On l’appelait Robin des Bois
  • Titre original The Death of Robin Hood
  • Réalisation Michael Sarnoski
  • Scénario Michael Sarnoski
  • Distribution Hugh Jackman, Jodie Comer, Bill Skarsgård, Murray Bartlett, Noah Jupe et Jade Croot
  • Genre action, aventure, thriller
  • Sortie France 1er juillet 2026
  • Durée 2 h 02
  • Classification interdit aux moins de 12 ans avec avertissement

bande annonce On l’appelait Robin des Bois Hugh Jackman Jodie Comer

Hugh Jackman compose ce Robin avec un engagement physique évident. Son corps pèse dans chaque déplacement. Sa voix semble sortir avec retard, comme si chaque phrase coûtait un peu. L’acteur sait rendre Robin dangereux sans surjouer la menace. Il sait aussi montrer la honte, mais une honte moins pure que ce que le film voudrait parfois imposer. Le personnage n’a pas seulement besoin de pardon. Il a besoin que le scénario arrête de le présenter comme une grande souffrance noble à admirer de loin. Là, le film devient plus agaçant.

Hugh Jackman tient la séance par la présence. Même quand le film s’installe trop longtemps dans la culpabilité, l’acteur garde une tension sèche et utile.

Un Robin vidé de sa légende

Le meilleur du film tient à cette opération de nettoyage moral. Sarnoski retire les chansons, les sourires, le charme facile, la promesse de justice claire. Il garde un homme blessé, vieux avant l’âge, entouré par la conséquence de ses crimes. On peut discuter la radicalité de cette approche, mais elle a le mérite de produire un parti pris net. Le film refuse la nostalgie. Il ne cherche pas à réchauffer le mythe pour vendre une nouvelle tournée en forêt. Il le regarde au moment où il ne sert presque plus à rien.

La première partie est la plus convaincante. Les affrontements restent lisibles, la violence frappe sans chorégraphie décorative, et Bill Skarsgård donne à Petit Jean une présence dure, presque fraternelle, jamais confortable. Le duo entre Robin et Petit Jean suggère une histoire longue sans l’expliquer par des blocs de dialogue. C’est exactement ce qu’il fallait. Deux corps, des gestes, des silences, assez de fatigue pour comprendre que l’amitié a déjà été abîmée par trop de sang.

Puis le film rejoint le prieuré et change de régime. L’idée n’est pas mauvaise. Confier ce corps violent à un lieu de soin, faire entrer Jodie Comer en Sœur Brigid, confronter la brutalité à une forme de réparation, tout cela tient très bien sur le papier. Le souci vient de la durée et de la répétition. Les scènes s’allongent, les regards insistent, les dialogues posent parfois ce que l’image avait déjà compris. On sent le film demander le respect à chaque silence. Quelle délicatesse. Le film aurait aussi pu faire confiance à la scène sans venir souligner son sérieux à chaque silence.

Le film confond parfois lenteur et profondeur. Une scène calme peut être tendue. Ici, plusieurs passages deviennent surtout très contents de leur propre gravité.

Jodie Comer apporte la meilleure contradiction

Jodie Comer n’a pas le rôle le plus simple. Sœur Brigid pourrait devenir une fonction commode, celle qui écoute, soigne, pardonne et permet au grand blessé de verbaliser ses remords. L’actrice évite souvent ce piège. Elle joue la retenue, l’agacement, la fatigue morale devant un homme qui voudrait peut-être que sa douleur devienne une preuve de changement. Sa présence empêche la culpabilité de saturer chaque scène. Merci, il fallait bien quelqu’un pour refuser que le film se mette à genoux devant son propre repentir.

Les scènes entre Jackman et Comer fonctionnent quand elles restent concrètes. Un soin, un refus, une distance, une phrase trop courte. Le film devient alors plus précis. On voit deux personnages qui n’ont aucune raison de se faire confiance et qui doivent pourtant occuper le même espace. Dès que le scénario élargit ces échanges vers une grande idée de rachat, la tension baisse. La rédemption au cinéma demande des actes, pas seulement un homme couvert de plaies qui regarde la lumière avec douleur.

Ce rapport entre soin et violence pouvait donner un film très dur. Sarnoski l’approche, puis recule régulièrement vers une noblesse assez attendue. La mise en scène reste belle, parfois magnifique dans sa façon d’utiliser la lumière naturelle et les paysages d’Irlande du Nord, mais la beauté visuelle réduit l’impact de la cruauté. Le plan est superbe, oui. Le personnage est sale, oui. L’ensemble se répète pourtant trop souvent dans la même humeur. La saleté n’a jamais suffi à produire une vérité.

Jodie Comer donne au film une résistance précieuse. Son personnage fonctionne quand il ne se contente pas de recueillir la douleur de Robin, mais lui oppose une limite nette.

Une mise en scène solide mais trop solennelle

On reconnaît chez Michael Sarnoski la même envie de faire confiance au silence que dans Pig. Il aime les personnages qui portent un passé lourd, les espaces qui retiennent la parole, les scènes qui avancent par refus plus que par explication. Cette méthode peut être forte. Elle exige aussi une précision constante. Dans On l’appelait Robin des Bois, elle fonctionne par blocs. Le début a une rudesse efficace. Certains plans au prieuré ont une tenue formelle précise. Quelques échanges gardent une sécheresse bienvenue. Puis le film recommence une variation déjà comprise.

Le problème n’est pas que le film soit lent. Le problème est qu’il manque parfois de nouvelles informations dramatiques dans sa lenteur. Robin souffre. Robin se souvient. Robin se tait. Robin regarde ce que la violence a laissé derrière lui. D’accord. Après quarante minutes de ce régime, il faut déplacer le conflit, pas seulement changer l’angle du visage. Le film le fait par moments, notamment avec l’orpheline et la menace extérieure, mais pas assez vite pour maintenir la tension.

La photographie, le son et les décors créent un Moyen Âge rugueux et cohérent. Rien à redire sur le soin technique. Les costumes ne brillent pas, les corps sont marqués, les intérieurs semblent froids, les extérieurs pèsent. Tout cela construit une ambiance crédible. Mais la cohérence formelle ne remplace pas un arc dramatique plus tranchant. Le film sait très bien paraître dur. Il sait moins souvent rendre cette dureté réellement dangereuse pour son récit.

Tableau critique

Élément Ce qui fonctionne Ce qui coince
Hugh Jackman Présence physique forte, fatigue lisible, menace contenue. Le film le transforme parfois en figure de souffrance trop noble.
Jodie Comer Retenue précise, belle résistance morale face à Robin. Le scénario la réduit parfois à une fonction de soin.
Violence Première partie brutale, claire, assez frontale. Les conséquences deviennent moins fortes quand le récit se pose trop longtemps.
Mise en scène Photographie, lumière et décors très maîtrisés. Solennité répétée, rythme parfois figé.
Scénario Relecture sombre pertinente sur le papier. Progression trop lente dans la partie centrale.

Face aux premières critiques déjà publiées

AlloCiné sert surtout de point d’entrée avec la fiche du film, les notes presse et les retours spectateurs. Le HuffPost défend Jackman, la beauté visuelle et le caractère brutal de la proposition. Télérama se montre plus réservé sur l’écriture, avec un reproche net autour du manque de scénario. SensCritique insiste sur la noirceur de la relecture, quitte à valoriser davantage l’intention que son exécution. Le vrai débat est là. Le film a une forme solide, mais il demande trop souvent qu’on respecte sa gravité avant même qu’elle produise du drame.

Là où plusieurs critiques restent trop générales, la vraie question me semble plus précise. On l’appelait Robin des Bois ne rate pas parce qu’il trahit la légende. Il rate partiellement parce qu’il ne pousse pas assez loin les conséquences de cette trahison. Faire de Robin un criminel fatigué, très bien. Encore faut-il que le récit ose le regarder autrement que comme une grande âme abîmée. Le film a parfois peur de son propre verdict. Il le salit, puis il le traite ensuite avec un respect presque religieux. C’est confortable. C’est aussi contradictoire.

Dans les critiques récentes du site, Backrooms travaillait aussi l’idée d’un malaise qui fonctionne tant que l’explication ne prend pas toute la place. La Bataille de Gaulle Partie 2 montrait une autre figure écrasée par son image publique, avec la même tendance à trop souligner sa gravité. On l’appelait Robin des Bois se situe entre ces deux limites. Il a plus de tenue visuelle que beaucoup de sorties récentes, mais il paie cher son goût du sérieux affiché.

Faut-il voir On l’appelait Robin des Bois au cinéma

Oui, si tu veux voir Hugh Jackman dans une composition physique lourde, Jodie Comer dans un rôle tenu, et une version de Robin des Bois qui refuse le confort de l’aventure souriante. La salle profite de la photographie, du son, des paysages et des accès de violence du début. Le film a une identité claire. C’est déjà plus que bien des relectures prestigieuses qui confondent nouveau costume et nouvelle idée.

Non, si tu attends un film d’action médiéval vraiment nerveux ou un drame de rédemption parfaitement tendu. On l’appelait Robin des Bois est plus contemplatif que spectaculaire, plus occupé par la faute que par le mouvement. Sa note de 3 sur 5 traduit cette frustration. Le film mérite la curiosité, surtout pour Jackman et Comer, mais il aurait gagné à couper dans ses silences appuyés et à rendre son conflit moins respectueux de lui-même. Sarnoski a voulu tuer la belle légende. Il la remplace parfois par une douleur tellement affichée qu’elle devient décorative. C’est plus ambitieux qu’une reprise paresseuse. Ce n’est pas encore assez net pour marquer durablement.

On l’appelait Robin des Bois vaut-il la séance au cinéma

Oui pour Hugh Jackman, Jodie Comer, la photographie et la première partie très sèche. Non si tu attends un film d’action rapide ou une aventure médiévale classique.

Quelle note pour On l’appelait Robin des Bois

La note CestQuelFilm est de 3 sur 5. Le film est solide, parfois très beau, mais trop solennel et trop long dans sa partie centrale.

Hugh Jackman est-il convaincant en Robin vieillissant

Oui. Il impose une fatigue physique, une menace rentrée et une densité physique convaincante. Le film l’encadre parfois avec trop de respect.

Le film est-il très violent

Oui, surtout dans sa première partie. La violence reste lisible et frontale, avec une classification française interdite aux moins de 12 ans avec avertissement.

CestQuelFilm https://cestquelfilm.fr/actualite

🎥 Cinévore obsessionnel | 🖊️ Critiqueur en chef de l’ennui | 🎭 Sarcasme en Dolby Atmos

« Si un film me plaît, c’est un chef-d'œuvre. Si je le déteste, c’est une purge cosmique. Y a pas d’entre-deux. »

📌 Objectif : Dézinguer les clichés, sacrer les pépites et survivre aux navets.

📢 Cinéastes, tremblez. Spectateurs, suivez-moi. 🚀

Tu vas aimer :

+ There are no comments

Add yours