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Verdict 2,5 sur 5. Supergirl, film DC de Craig Gillespie avec Milly Alcock, Eve Ridley, Matthias Schoenaerts et Jason Momoa. Kara Zor-El traverse l’espace avec Krypto, croise Ruthye Marye Knoll, poursuit Krem et tente de transformer une quête de vengeance en récit de justice. Le programme a de l’allure, surtout après des années de films DC persuadés qu’une image plus sombre suffisait à changer de ton. Cette fois, le film part plus loin, assume une Kara plus sèche, moins rassurante, plus abîmée. Bonne nouvelle. Mauvaise nouvelle, il finit souvent par ranger ses idées avant qu’elles ne deviennent gênantes.

  • Réalisation Craig Gillespie
  • Scénario Ana Nogueira, d’après Tom King et Bilquis Evely
  • Distribution Milly Alcock, Eve Ridley, Matthias Schoenaerts, Jason Momoa, David Krumholtz, Emily Beecham et David Corenswet
  • Genre action, fantastique, science fiction
  • Sortie France 1 juillet 2026
  • Durée 1 h 50

bande annonce Supergirl Milly Alcock Jason Momoa

La première qualité du film tient à son idée de départ. Kara n’est pas présentée comme une cousine lumineuse venue compléter proprement la vitrine familiale de Superman. Elle a grandi avec la perte, la colère, l’alcool de planète rouge et cette manière de répondre par l’agression avant même que la scène ait fini de poser la question. Le film comprend que ce personnage ne doit pas être simplement une variation féminine de Kal-El. Il faut lui laisser sa fatigue, sa mauvaise foi, sa violence rentrée. Milly Alcock entre là-dedans avec une précision assez sèche. Elle a un regard qui coupe court aux grands discours, ce qui arrange bien un film qui en produit déjà trop.

Craig Gillespie sait aussi installer un monde immédiatement lisible. Les décors extraterrestres existent, les couleurs changent, les stations spatiales ont une densité correcte, les vaisseaux ne ressemblent pas tous à la même dalle numérique. On sent l’envie de s’éloigner de la carte postale terrestre du DCU. C’est appréciable. Le problème, c’est que cette étrangeté reste souvent décorative. Le film visite des lieux, traverse des populations, pose des règles, puis file vers la scène suivante avec l’air satisfait de celui qui a coché sa case d’univers étendu. Très bien, on a vu la planète. Et après.

Milly Alcock donne à Kara une nervosité utile. Le film fonctionne mieux quand il la laisse être désagréable sans demander pardon toutes les deux minutes.

Une bonne Kara coincée dans un récit trop propre

Le film veut adapter l’esprit de Woman of Tomorrow sans accepter tout ce que ce matériau implique. Sur le papier, Kara accompagne Ruthye dans une traque nourrie par le deuil et la colère. Le récit pourrait donc rester âpre, injuste, parfois franchement inconfortable. Dans la pratique, Supergirl avance avec une prudence visible. Il donne à Kara un passé dur, lui permet quelques sorties sèches, puis ramène vite la trajectoire vers une leçon plus acceptable. Comme si le film avait peur que le public comprenne mal une protagoniste qui n’a pas envie d’être aimable.

Cette hésitation abîme plusieurs scènes. Kara devrait rester difficile à accepter, capable de décisions discutables, pas seulement une femme fatiguée qui parle fort avant de redevenir correcte. Le film a peur de son propre tempérament. Il veut une justicière cabossée, mais pas trop. Il veut une quête de vengeance, mais sans conséquence vraiment dérangeante. Il veut un western spatial, mais refuse les choix trop secs. Voilà le genre de compromis qui donne des réunions marketing très calmes et des films moins nerveux que prévu.

Milly Alcock résiste pourtant bien. Elle joue Kara sans chercher l’adhésion immédiate. Ses silences sont plus précis que certaines répliques écrites pour lui donner du caractère. Quand elle regarde Ruthye avec agacement, puis avec une culpabilité qu’elle ne sait pas très bien ranger, le film trouve une tension nette. On croit à cette relation parce que l’actrice refuse de rendre Kara trop claire. Elle sait que le personnage avance avec des contradictions. Le scénario, lui, semble régulièrement surpris par cette bonne idée.

Ruthye donne une vraie raison au voyage

Eve Ridley apporte au film une énergie différente, moins cynique, plus frontale. Ruthye n’est pas là pour attendrir Kara à coups de phrases mignonnes. Elle vient réclamer un prix, poser une demande, maintenir une colère. C’est ce qui rend le duo intéressant. Le film fonctionne dès qu’il arrête de traiter Ruthye comme un simple moteur narratif et lui donne une présence. Sa douleur n’est pas théorique. Elle oblige Kara à choisir entre l’instinct de punition et une idée plus difficile de la justice.

Le rapport entre les deux personnages aurait mérité davantage de temps calme. Pas de grandes pauses solennelles, non. Juste des scènes où le voyage pèse vraiment. Trop souvent, Supergirl compense par du mouvement. Une planète, une menace, une relance, un gag, un regard vers Krypto, et on repart. Le film a peur de ralentir alors que son sujet a justement besoin de friction. Quand Ruthye parle de vengeance, la scène devrait laisser le malaise s’installer. Elle préfère souvent avancer vers le prochain morceau de spectacle. C’est commode. C’est aussi un peu lâche.

Le duo Kara Ruthye porte la meilleure promesse du film. Il manque seulement des scènes plus dures, moins pressées de revenir au confort du blockbuster.

Krem rate sa menace

Matthias Schoenaerts a la carrure, la présence, la voix et ce sérieux un peu sale qui auraient pu faire de Krem une menace mémorable. Le film ne lui donne pas assez de précision. Krem existe surtout par sa fonction. Il a fait souffrir Ruthye, il doit être retrouvé, il doit concentrer la colère du récit. Très bien. Mais un adversaire ne devient pas intéressant parce que l’intrigue répète qu’il est dangereux. Il faut lui donner des choix, une logique, une façon de contaminer les scènes. Ici, il traverse le film avec une efficacité correcte et une personnalité trop mince.

Ce manque pèse sur toute la quête. Plus Krem reste plat, plus la vengeance de Ruthye paraît mécanique. Plus il reste mécanique, plus Kara semble lutter contre une idée abstraite plutôt que contre un ennemi précis. Le film garde quelques moments d’impact, surtout dans les affrontements où la mise en scène laisse les corps occuper l’espace. Mais le conflit central manque d’épaisseur. Ce n’est pas honteux. C’est plus agaçant. Tout était là pour faire mieux, et le film choisit régulièrement la solution la moins risquée.

Jason Momoa en Lobo apporte une autre énergie. Sa présence est attendue, bruyante, calibrée pour déclencher une réaction immédiate. Elle fonctionne par éclats, pas par nécessité. On sent le personnage ajouté pour secouer une structure qui se surveille beaucoup. Momoa a assez de décontraction pour rendre ses passages amusants, mais le film ne sait pas toujours quoi faire de lui au-delà du plaisir de l’apparition. C’est sympathique, puis ça passe. Le DCU pourra sans doute le réutiliser. Ici, il sert surtout de rappel commercial, avec un sourire satisfait autour.

Le film promet du sale et choisit le propre

La mise en scène de Craig Gillespie garde une lisibilité appréciable. Les combats sont compréhensibles, les trajectoires dans l’espace ne se réduisent pas toujours à des effets numériques confus, et les environnements ont une identité suffisante pour que le voyage ne devienne pas uniforme. On est loin du désastre visuel. Le film sait se tenir, parfois même avec élégance. Le problème vient de sa politesse dramatique. Il montre la douleur, mais ne veut pas trop l’habiter. Il parle de vengeance, mais évite les conséquences les plus dures. Il approche l’alcool, la violence, le traumatisme, puis se rassure avec une morale bien rangée.

Cette retenue pourrait passer si le film compensait par une vraie folie d’aventure. Ce n’est pas le cas. Les mondes visités sont variés, mais rarement surprenants dans leur usage. Les créatures, les bars, les transports, les mercenaires et les planètes semblent appartenir à une collection bien tenue. C’est mieux qu’une bouillie anonyme. Ce n’est pas suffisant pour donner au film la personnalité promise. La science fiction demande autre chose qu’un changement de décor toutes les quinze minutes. Elle demande des règles qui influencent les comportements, des lieux qui modifient les décisions, des situations qui ne pourraient pas être déplacées sans perdre leur sens.

La musique et le montage accentuent ce sentiment de contrôle permanent. Le film relance dès qu’une scène menace d’être trop sèche. Il ajoute une respiration comique dès qu’une émotion pourrait devenir embarrassante. Il range une relation dès qu’elle commence à déborder. On comprend la logique commerciale. Personne ne finance un gros film DC pour produire une séance franchement hostile. Mais entre la clarté populaire et la prudence molle, il y avait un espace. Supergirl le voit, le désigne, puis préfère rester sur le bord.

Le film vend une Kara plus dure, puis limite souvent les conséquences de cette dureté. La promesse adulte reste sous surveillance.

Tableau critique

Élément Ce qui fonctionne Ce qui coince
Kara Zor-El Milly Alcock impose une présence nerveuse, moins lisse que prévu Le scénario adoucit trop vite ses contradictions
Ruthye Eve Ridley donne une vraie raison émotionnelle au voyage Le film manque de scènes où sa colère pèse vraiment
Krem Matthias Schoenaerts possède une menace physique immédiate Le personnage reste trop fonctionnel pour marquer durablement
Univers Les décors spatiaux sont lisibles et assez variés Les mondes traversés changent rarement la trajectoire dramatique
Action Les combats restent clairs et correctement découpés La mise en scène manque de risque dans les moments décisifs

Face aux critiques déjà publiées

Les premiers retours publiés autour de Supergirl sont souvent sévères. Certains y voient surtout un blockbuster efficace mais trop basique, Journal du Geek lui reproche de lisser ses idées, Culturellement Vôtre parle d’un film trop formaté malgré une Kara plus forte. Ces reproches tiennent, parce que le film répète ces faiblesses assez souvent.

La différence se joue à mes yeux sur la place de Milly Alcock. Ce n’est pas elle qui rate le film. Elle lui donne même ce qu’il n’ose pas toujours garder. Le vrai souci tient à l’écart entre le personnage annoncé et le film fabriqué autour d’elle. Supergirl veut être plus rugueux que Superman, plus intime que la machine DC habituelle, plus étrange qu’un lancement de franchise standard. Puis il réduit chaque aspérité dès qu’elle pourrait devenir une vraie décision de cinéma. Voilà, le film a l’air plus libre. Il ne l’est pas assez.

Parmi les blockbusters récents, Toy Story 5 avait déjà une bonne idée mais la traitait avec trop de prudence. Minecraft, le film confondait reconnaissance et mise en scène avec une belle régularité. Supergirl reste au-dessus de ce dernier grâce à une actrice centrale plus solide et à un conflit plus net. Il demeure pourtant en dessous de sa promesse, parce qu’il évite trop souvent les décisions vraiment dures.

Faut il voir Supergirl au cinéma

Oui, si vous voulez voir Milly Alcock installer Kara dans le DCU, si l’idée d’un voyage spatial plus sec que les productions habituelles vous attire, si Krypto, Lobo et le lien avec Superman suffisent à nourrir la curiosité. La séance a des qualités visibles. Elle n’est pas vide, pas illisible, pas honteuse. Plusieurs passages fonctionnent parce que les acteurs forcent le film à exister malgré son goût pour la demi-mesure.

Non, si vous attendez une adaptation vraiment mordante de Woman of Tomorrow, un récit de vengeance assumé ou un film DC prêt à laisser Kara être franchement difficile. La note de 2,5 sur 5 reflète cette frustration. Supergirl a une bonne actrice, une base dramatique solide, des décors corrects et une envie réelle de changer de texture. Il a aussi un méchant trop pauvre, une action sage et une peur visible de pousser son propre sujet. Pour un film qui parle d’une femme venue de Krypton et assez en colère pour traverser l’univers, il reste quand même drôlement obéissant.

Supergirl vaut il la séance au cinéma

Oui pour Milly Alcock, Kara, Krypto et quelques idées de voyage spatial. Non si vous attendez un film DC vraiment dur et audacieux.

Quelle note pour Supergirl

La note CestQuelFilm est de 2,5 sur 5. Le film a une bonne actrice centrale, mais trop de prudence dans son récit et son action.

Milly Alcock réussit elle son entrée dans le DCU

Oui. Elle donne à Kara une nervosité utile et porte les meilleures scènes, même quand le scénario réduit trop vite ses contradictions.

Supergirl adapte t il bien Woman of Tomorrow

Le film reprend l’idée du voyage avec Ruthye et Krypto, mais il lisse trop souvent la colère et la dureté du matériau original.

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🎥 Cinévore obsessionnel | 🖊️ Critiqueur en chef de l’ennui | 🎭 Sarcasme en Dolby Atmos

« Si un film me plaît, c’est un chef-d'œuvre. Si je le déteste, c’est une purge cosmique. Y a pas d’entre-deux. »

📌 Objectif : Dézinguer les clichés, sacrer les pépites et survivre aux navets.

📢 Cinéastes, tremblez. Spectateurs, suivez-moi. 🚀

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