Verdict 3,5 sur 5. Spider-Man Brand New Day remet Tom Holland au centre après No Way Home, avec Peter Parker seul, oublié par MJ, Ned et à peu près tout ce qui ressemblait encore à une vie civile. Destin Daniel Cretton signe un film plus physique, plus urbain, souvent plus net que la trilogie précédente. Puis Marvel fait ce que Marvel adore faire quand une idée tient debout. Il ajoute des personnages, des pistes, des promesses de suite et un petit tas de dossiers à ranger dans le grand classeur du MCU.
Le résultat reste solide. Il a même de très belles scènes d’action, un Tom Holland plus précis et une Sadie Sink qui apporte une vraie étrangeté. Mais cette relance refuse trop souvent de se contenter de son meilleur sujet. Peter n’a plus de place dans le monde. Le film le sait. Le film le montre. Le film commence à en faire quelque chose. Puis il regarde la montre, ajoute le Punisher, Hulk, des clins d’œil, un enjeu mutant et quelques explications bien propres. Merci le comité des suites, on voit que la réunion a duré longtemps.
- Réalisation Destin Daniel Cretton
- Scénario Chris McKenna, Erik Sommers, Justin Kuritzkes
- Distribution Tom Holland, Zendaya, Sadie Sink, Jacob Batalon, Jon Bernthal, Tramell Tillman, Michael Mando, Mark Ruffalo
- Genre action, aventure, fantastique
- Sortie France 29 juillet 2026
- Durée 2 h 25
- Classification tout public avec avertissement selon les salles

Un départ plus dur que la promo le promettait
La meilleure idée du film est simple. Peter Parker a gagné la bataille de No Way Home, mais il a perdu sa présence auprès des autres. Personne ne le replace, personne ne le réclame, personne ne lui doit la moindre chaleur. Tom Holland joue très bien cette fatigue discrète. Il garde la nervosité du personnage, mais avec un regard plus sec. Il ne cherche plus l’approbation en permanence. Il agit, il encaisse, il continue. Pas très glamour, donc forcément plus intéressant.
Destin Daniel Cretton comprend assez vite que ce Peter fonctionne mieux dans les rues, les appartements modestes, les trajets nocturnes et les silences qui suivent les combats. Le film retrouve une échelle plus lisible. New York n’est pas seulement un décor numérique agité derrière des corps en lycra. Les rues comptent, les distances comptent, la fatigue compte. Quand l’homme-araignée traverse la ville, la caméra donne parfois une vraie sensation de vitesse et de hauteur. On peut remercier le ciel, ou plutôt le storyboard, ce qui est moins poétique mais plus honnête.
Tom Holland trouve une version plus adulte de Peter Parker sans lourdeur démonstrative. Le film gagne dès qu’il reste près de cette solitude concrète.
Tom Holland gagne en précision, le scénario en bruit
Le film veut parler d’isolement, de mémoire effacée, de responsabilité et de corps qui change. C’est déjà beaucoup. Là-dessus, il ajoute Frank Castle, Bruce Banner, une menace invisible, un rôle mystérieux pour Sadie Sink et un rappel constant que la grande machine Marvel n’a jamais très envie de laisser un film respirer seul. Jon Bernthal apporte une dureté bienvenue au Punisher. Mark Ruffalo fait son travail avec un calme professionnel. Sadie Sink intrigue, surtout quand le film accepte de ne pas expliquer chaque détail dès la première minute.
Le souci vient du dosage. Les meilleures scènes installent Peter face à une solitude qu’il ne peut plus compenser par une blague ou par un saut entre deux immeubles. Les scènes les plus faibles transforment cette base en catalogue de fonctions. Tel personnage sert à créer un contraste moral. Tel autre sert à annoncer la suite. Tel fil narratif existe parce que le public Marvel doit repartir avec trois hypothèses à débattre au lieu d’une émotion claire. C’est efficace pour l’industrie. Pour le film, c’est moins net.
Zendaya, elle, reste précieuse. MJ n’est pas un simple souvenir à placer dans le décor pour faire joli. Ses scènes avec Holland ont une gêne réelle, presque désagréable, parce que le film touche là un point plus cruel que ses combats. Elle ne sait plus ce qu’elle a perdu. Lui sait trop bien. Cette dissymétrie pouvait porter tout le récit. Naturellement, le film préfère parfois partir vérifier si un autre personnage en armure psychologique n’a pas un sous-arc à déposer sur la table. Marvel aime partager. Surtout quand personne n’a demandé.
Le film est meilleur quand il accepte Peter Parker comme sujet principal. Il devient moins fort quand il prépare déjà le prochain épisode.
La mise en scène a du nerf, pas toujours une idée complète
Côté action, Spider-Man Brand New Day fait mieux que plusieurs épisodes récents du MCU. Les déplacements sont plus lisibles, les corps ont plus de poids, les duels ne ressemblent pas tous à une démo d’effets spéciaux lancée trop tard dans la nuit. Cretton sait composer des affrontements nerveux, notamment quand la menace passe d’un corps à l’autre et oblige Peter à réfléchir avant de cogner. Oui, réfléchir dans un Marvel, la salle n’a pas été évacuée pour autant.
La mutation de Peter promet aussi une piste plus troublante. Un corps qui répond à la solitude, des réflexes qui débordent, une identité civile qui se défait pendant que le masque prend toute la place. Sur le papier, c’est le vrai terrain du film. Sauf que le scénario ne creuse pas assez. Il pose l’idée, la rend spectaculaire, puis la range quand elle devient encombrante. On a presque l’impression que quelqu’un a trouvé une piste vraiment dérangeante avant qu’une autre personne ne rappelle que le jouet doit rester vendable.
Les effets visuels suivent cette logique irrégulière. Certains plans entre les immeubles sont franchement beaux. D’autres sentent la production fragmentée, avec une finition moins précise et un mouvement trop lisse. Ce n’est pas catastrophique. C’est juste agaçant, parce que le film prouve à plusieurs reprises qu’il sait faire mieux. Quand une séquence a de l’espace, du rythme et un enjeu clair, elle fonctionne. Quand elle doit juste remplir le cahier des charges Marvel, elle fait le travail sans donner envie de remercier qui que ce soit.
La mutation de Peter aurait pu devenir le cœur du film. Elle finit trop souvent en raccourci narratif pratique, ce qui sent le compromis à plein nez.
Le faux nouveau départ de Peter Parker
Le titre promet un retour à Peter après l’effacement de la mémoire collective. Les meilleures scènes respectent cette idée. Tom Holland joue la solitude, la fatigue et une relation au costume devenue moins adolescente. Le film devient alors plus précis et moins occupé à préparer la suite de la franchise.
Frank Castle, Bruce Banner, le personnage de Sadie Sink et les rappels de continuité ont chacun une fonction. Leur accumulation réduit pourtant le temps accordé à Peter, à MJ et à la mutation. Le scénario annonce un nouveau départ, puis reprend les habitudes du MCU. La contradiction est nette et franchement irritante.
Dans L’Odyssée, Tom Holland devait aussi se distinguer au sein d’une production très imposante. Supergirl laissait davantage de place à son actrice principale, mais limitait les décisions les plus rudes du récit. Brand New Day reste plus nerveux, sans être aussi autonome que son titre le promet.
Tableau critique
| Élément | Ce qui fonctionne | Ce qui coince |
|---|---|---|
| Peter Parker | Tom Holland joue mieux la fatigue et la solitude | Le récit détourne trop vite son sujet vers la franchise |
| Action | Les scènes urbaines gagnent en vitesse et en lisibilité | Certains effets visuels restent inégaux |
| MJ | Zendaya donne une vraie gêne aux retrouvailles | La relation manque de temps pour devenir centrale |
| Mutation | L’idée apporte une tension physique intéressante | Le scénario l’utilise sans vraiment l’explorer |
| MCU | Le Punisher crée un contraste moral efficace | Les connexions futures prennent trop de place |
Faut-il voir Spider-Man Brand New Day au cinéma
Oui, si tu veux un blockbuster Marvel plus nerveux que la moyenne récente, porté par un Tom Holland plus intéressant que dans ses passages les plus adolescents. Le film a de la tenue, de vraies scènes d’action, un ton moins enfantin et une volonté sincère de repartir sur Peter Parker plutôt que sur le grand cirque multiversel. Pour une saga qui a souvent confondu ampleur et empilement, c’est déjà une amélioration.
Non, si tu espères un film capable d’assumer jusqu’au bout son idée la plus forte. Spider-Man Brand New Day promet une relance intime, puis laisse régulièrement le MCU venir vérifier que chaque tiroir contient encore une suite possible. Ce n’est pas une purge. C’est même souvent bon. Mais c’est aussi un film qui aurait gagné à faire moins de courbettes au planning Marvel. La note de 3,5 sur 5 reflète exactement cette irritation. Le film avance. Il hésite. Il se reprend. Puis il se charge encore. À croire que la sobriété coûte plus cher qu’un plan de Hulk.
Pour un retour censé donner de l’air à Peter Parker, le résultat reste un peu encombré. Mais quand le film regarde vraiment son personnage, sans lui coller trois obligations de franchise sur le dos, il retrouve quelque chose de franc. Pas assez longtemps. Assez pour justifier la séance.
Spider-Man Brand New Day vaut-il une séance au cinéma
Oui, surtout pour Tom Holland, les scènes urbaines et le retour à une échelle plus humaine que les épisodes multivers.
Quelle note pour Spider-Man Brand New Day
La note CestQuelFilm est de 3,5 sur 5. Le film est solide, mais trop chargé par les connexions Marvel.
Faut-il avoir vu No Way Home avant Spider-Man Brand New Day
Oui, car le nouvel épisode repart directement de l’oubli collectif qui a isolé Peter Parker après No Way Home.
Sadie Sink est-elle convaincante dans Spider-Man Brand New Day
Oui. Son rôle apporte une étrangeté utile, même si le scénario aurait pu lui laisser plus de zones troubles.
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