Verdict 3 sur 5. Critique The Criminals, nouveau film de David Mackenzie, sorti en France le 6 mai 2026, avec Aaron Taylor-Johnson, Theo James, Gugu Mbatha-Raw et Sam Worthington. Le film part d’une idée nette. Une bombe de la Seconde Guerre mondiale découverte sur un chantier londonien provoque une évacuation massive. Une équipe de braqueurs profite du périmètre vidé pour viser une banque. Le principe tient en peu de mots. À l’écran, le résultat reste solide, parfois très précis, mais rarement aussi nerveux que son propre argument.
- Titre original Fuze
- Réalisation David Mackenzie
- Scénario Ben Hopkins
- Distribution Aaron Taylor-Johnson, Theo James, Gugu Mbatha-Raw et Sam Worthington
- Genre thriller, braquage, action
- Sortie France 6 mai 2026
- Durée environ 1h38
The Criminals a le bon réflexe au départ. Il ne gaspille pas vingt minutes à présenter chaque criminel autour d’une table. Il installe un danger matériel, un espace à contrôler, une durée courte, puis il laisse les objectifs se gêner entre eux. David Mackenzie sait filmer une procédure. Les gestes sont lisibles, les déplacements ont un sens, et le montage respecte assez le spectateur pour ne pas confondre agitation et rythme.
Un braquage pendant une évacuation massive
Le point de départ est la meilleure idée du film. Londres n’est pas utilisée en décor touristique. La ville devient une contrainte logistique, avec des rues fermées, des ordres contradictoires, des forces dispersées et des civils écartés à la hâte. La bombe n’est pas un simple prétexte bruyant. Elle impose une méthode, une zone, une pression constante. Quand The Criminals s’en tient à cette mécanique, le résultat tient correctement.
Le film rend aussi le casse lisible. On comprend ce que les braqueurs veulent, pourquoi le moment paraît idéal, et comment la présence du danger militaire perturbe les réponses policières. Le suspense naît moins d’une surprise que d’une suite de décisions pratiques. La base de thriller reste honnête. Pas très luxueuse, mais propre. Le genre peut survivre sans prestige forcé, à condition de rester tendu.
David Mackenzie choisit la netteté
David Mackenzie reste plus convaincant quand il observe des hommes sous pression que lorsqu’il cherche à donner de la grandeur à la situation. Ici, il garde souvent la caméra près des choix immédiats. Un démineur évalue un risque. Un braqueur ajuste son timing. Une policière vérifie une information. Le film avance par tâches, par validations, par erreurs. Cette sécheresse lui va bien.
La mise en scène refuse le chaos illisible. Les scènes d’action sont découpées avec discipline. Les entrées et sorties de champ racontent mieux le danger que plusieurs explosions ajoutées pour remplir le cahier des charges. On sent un réalisateur qui connaît la valeur d’un plan utile. Cela suffit à placer The Criminals au-dessus de beaucoup de thrillers récents montés dans une panique presque punitive.
Le revers est évident. À force de tout garder propre, le film devient parfois trop raisonnable. Le braquage annoncé comme exceptionnel finit par ressembler à une opération bien tenue mais sans vraie audace dramatique. Le scénario coche les étapes attendues. Il le fait avec compétence, ce qui n’est déjà pas si fréquent, mais sans incident assez fort pour rester en tête.
Un casting solide, trop peu bousculé
Aaron Taylor-Johnson joue Will Tranter avec une sobriété utile. Il ne surcharge pas le rôle, ce qui convient à un personnage chargé de réfléchir vite et de montrer peu. Le film lui donne assez de matière physique pour exister, mais pas toujours assez de conflits intimes pour surprendre. Son efficacité est réelle. Son mystère reste poli.
Theo James et Sam Worthington occupent le versant criminel avec une assurance froide. Le problème ne vient pas des acteurs. Il vient de la caractérisation, souvent réduite à une fonction. L’un met la pression, l’autre durcit la scène, puis le récit avance. Gugu Mbatha-Raw apporte une autorité calme, mais le film ne lui offre pas toujours l’espace que sa présence mérite. Là encore, on devine une production très contente de ne pas gêner trop de segments de public.
Un thriller qui manque de rugosité
The Criminals parle de bombe, de braquage, de panique urbaine et de temps qui manque. Avec ces éléments, on pouvait attendre une tension plus abrasive. Le film reste souvent contenu. Pas raté, pas mou, pas honteux. Simplement plus prudent que son propre dispositif. Il préfère contrôler l’impact plutôt que pousser ses situations jusqu’à leur point le plus désagréable.
Cette prudence se voit surtout dans la dernière partie. Les révélations arrivent à l’heure. Les affrontements aussi. Les sacrifices, les choix moraux et les retournements restent dans une zone connue. Mackenzie maintient le niveau, mais le film ne gagne pas assez en danger. On ne sent pas toujours que la ville, la banque et la bombe appartiennent au même problème. Trois lignes dramatiques cohabitent, alors qu’elles auraient dû produire une pression plus brutale.
La comparaison avec d’autres sorties d’action récentes montre bien son profil. Mortal Kombat II assume une logique de spectacle frontal. Running Man cherchait la course permanente, quitte à s’essouffler. One Battle After Another travaillait un désordre politique plus dense. The Criminals, lui, vise le thriller carré. Le choix se défend. Il frustre aussi.
Tableau critique
| Critère | Avis |
|---|---|
| Rythme | Nerveux au départ, plus mécanique ensuite |
| Mise en scène | Claire, disciplinée, rarement démonstrative |
| Interprétation | Solide, surtout quand le film laisse les regards faire le travail |
| Scénario | Bonne idée de départ, personnages trop fonctionnels |
| Impact | Efficace sur le moment, moins tenace après la séance |
Faut il voir The Criminals au cinéma
Oui, si vous cherchez un thriller de braquage lisible, tendu, correctement interprété, avec un vrai sens de l’espace. Non, si vous attendez un choc de mise en scène ou une relecture vraiment dure du film de casse. The Criminals fait le travail. Par moments, il le fait même très bien. Puis il s’arrête au niveau où un bon thriller commence à devenir un film que l’on défend avec mauvaise foi pendant trois jours.
Le plus irritant tient là. On ne reproche pas au film son sérieux. On lui reproche de rester trop satisfait de son efficacité. Mackenzie sait tenir une scène. Ses acteurs savent tenir un regard. Le dispositif sait tenir le spectateur. Il manquait seulement une prise de risque plus nette, un personnage moins propre, une décision plus dure. The Criminals reste donc un film recommandable, mais pas un vrai coup critique.