Verdict : 3/5 — Critique Zootopie 2 en deux mots : visuellement épatant, humour à gogo, mais un message qui manque de mordant. Si tu veux le fun, fonce. Si tu cherches la claque intellectuelle, tu risques de rester sur ta faim.
- Titre : Zootopie 2 (Zootopia 2)
- Réalisateur : Jared Bush, Byron Howard
- Durée : 1h48
- Avec : Ginnifer Goodwin, Jason Bateman, Ke Huy Quan, Andy Samberg, Idris Elba, Shakira
- Genre : Film d’animation, comédie policière
Après presque dix ans d’attente, Disney nous ramène enfin à Zootopie. Judy Hopps et Nick Wilde, le duo flic-renard le plus attachant de la savane urbaine, reprennent du service dans une suite annoncée pour le 26 novembre 2025.
Tout semble aller pour le mieux au pays des mammifères civilisés… jusqu’à ce qu’un serpent vienne semer la panique en plein gala de la haute société.
À partir de là, tu te doutes de la suite, panique générale, complot mystérieux, secrets du passé dévoilés et nos deux héros injustement accusés obligés de fuguer pour rétablir la vérité.
Parce que oui, attention révélation ! Zootopie 2 est à l’image de beaucoup de suites Disney récentes : propre, mais prévisible et totalement calibré. Le studio joue la carte de la sécurité et ne prend aucun risque créatif.
On pouvait s’y attendre tant le premier film a été un énorme succès, pourquoi changer une formule qui gagne ? Disney, comme Pixar, alterne désormais projets originaux et suites sans audace. Zootopie 2 fait incontestablement partie de la seconde catégorie.
Seulement, difficile de ne pas voir l’incongruité de faire la suite d’un film dont la force tenait justement à son originalité.
Souviens-toi, le premier Zootopie nous plongeait dans un univers urbain animalier foisonnant, bourré d’idées ingénieuses et d’un sous-texte social surprenant pour un film familial.
Tout n’était pas parfait (le message était un brin simpliste, l’humour parfois facile), mais on se laissait volontiers emporter parce que c’était frais, malin, inattendu.
Et si je te raconte tout ça, c’est bien parce que face à Zootopie 2, je n’ai pas l’impression de découvrir une proposition vraiment nouvelle.
Intrigue convenue et satire édulcorée
Au programme de cette suite, Judy et Nick plongent dans une nouvelle enquête qui les mènera… aux serpents. L’intégration des reptiles aurait pu renouveler l’univers, et sur le papier l’intrigue promettait du neuf.
Après tout, on nous parle d’une famille fondatrice au lourd secret, d’un piton vipère nommé Gary déterminé à révéler la vérité, et d’une Zootopie qui fête son centenaire sur fond de mystère historique. Sur le papier, ça titille la curiosité.
Sauf que très vite, tout retombe dans un schéma archi-classique. La recette du premier film est reproduite presque scène pour scène, un gala chic qui part en vrille, nos héros accusés à tort qui doivent prendre la fuite, un vieux complot qui éclate au grand jour, un twist final avec le méchant qu’on avait sous le museau depuis le début… et même un numéro musical de Gazelle (Shakira) en prime.
Disney coche toutes les cases du cahier des charges sans sourciller. La prise de risque est quasi nulle côté scénario, et chaque rebondissement sent le déjà-vu.
Dommage, car avec l’arrivée des reptiles et la révélation d’une injustice centenaire, il y avait matière à proposer un discours plus ambitieux.
Au lieu de ça, Zootopie 2 choisit la facilité, le conflit entre espèces se résout en pointant du doigt quelques méchants félins et hop, tout rentre dans l’ordre.
Ni la ville ni la société dans son ensemble ne sont vraiment remises en question. La discrimination envers les reptiles, pourtant au cœur de l’histoire, est traitée de manière simpliste et sans nuances.
Très vite, le film se recentre sur le duo Judy/Nick, sur leurs états d’âme et leur amitié, comme si tout le reste importait peu.
Le résultat, c’est une satire gentillette et un propos politique édulcoré. La confrontation aux injustices systémiques est évacuée au profit d’un énième message de développement personnel.
Zootopie 2 reste sagement dans son couloir, on parle d’acceptation de soi, de confiance mutuelle, mais on évite de bousculer le bel équilibre coloré de l’univers Disney.
L’intrigue enchaîne les péripéties à 100 à l’heure, sans laisser le temps de souffler ni de réfléchir plus loin que le bout de la truffe.
Oui, on rit à plusieurs reprises, mais les gags semblent parfois sortis d’un algorithme de studio, validés en comité, efficaces sur le moment, et aussitôt oubliés.
Bref, on passe un bon moment sur le coup, mais on est loin de la claque créative qu’on pouvait espérer de cette suite.
Il n’empêche, certains de mes confrères ont adoré sans réserve, tandis que d’autres soulignent eux aussi ces limites. Les avis divergent clairement sur la bête :
👍 Points forts
- Animation époustouflante et univers visuel foisonnant 😍
- Humour et références en pagaille qui feront rire petits et grands 😂
- Duo Judy/Nick toujours aussi attachant et charismatique 🦊🐰
👎 Points faibles
- Intrigue sans surprise, impression de déjà-vu 🥱
- Message sur la tolérance trop sage et simpliste 🙄
- Rythme effréné parfois épuisant à la longue 🤯
Animation au poil et humour à gogo
Heureusement, le spectacle est au rendez-vous. Visuellement, on en prend plein les yeux. La ville animale est toujours aussi détaillée et vivante, et on découvre même de nouveaux décors exotiques comme le mystérieux quartier marécageux des reptiles.
Chaque plan regorge de couleurs et de clins d’œil, on sent que les animateurs se sont fait plaisir à enrichir cet univers.
L’animation est fluide, dynamique, au point qu’on frôle parfois l’overdose visuelle tant ça bouge de partout. Mais difficile de nier le savoir-faire technique du studio, de la fourrure des lynx aux écailles de serpent, c’est du grand art visuel.
Côté humour, le film appuie sur l’accélérateur. Les blagues fusent dans tous les sens, qu’il s’agisse de jeux de mots animaliers, de références pop culture ou de gags cartoonesques bien sentis.
On rit notamment face à la thérapie de couple imposée à Judy et Nick (dirigée par une psychologue qui est… un quokka, oui un mini-marsupial tout mignon), ou lors des retrouvailles avec M. Big le parrain des shrews qui n’a rien perdu de son flegme glacial.
Si aucune scène ne surpasse l’inoubliable paresseux du DMV du premier film, cette suite aligne suffisamment de situations cocasses pour maintenir un sourire constant.
Les plus attentifs noteront même quelques clins d’œil malins aux buddy movies classiques, on pense à certaines poursuites qui évoquent l’énergie d’un Lethal Weapon, version zoologique.
Le duo Judy/Nick, lui, n’a rien perdu de son alchimie. La dynamique entre la lapine fonceuse et le renard roublard fonctionne toujours à merveille, oscillant entre vannes sarcastiques et moments plus tendres.
Le film ose effleurer la romance d’ailleurs, les sentiments pointent le bout du museau en toute fin d’aventure, de quoi faire glousser les fans de ce couple improbable. C’est léger, mais c’est assez sincère pour qu’on y croit.
Et il faut dire que les voix originales font encore mouche, Jason Bateman et Ginnifer Goodwin sont parfaits, tout comme les nouveaux venus (mention spéciale à Ke Huy Quan qui rend Gary le serpent à la fois hilarant et touchant).
Même Shakira revient en pleine forme vocale pour entonner “Zoo”, un nouveau tube entraînant qui donne envie de se trémousser dans la salle. 🎶
Alors, verdict ?
Zootopie 2 divertit sans aucun doute et assure le spectacle avec brio, mais il ne marque pas les esprits comme son prédécesseur.
C’est un bon moment à passer en famille, porté par un rythme endiablé et des personnages qu’on adore retrouver, sans pour autant retrouver la fraîcheur ni la profondeur qui faisaient du premier un film à part.
On ne va pas bouder notre plaisir, revoir Judy et Nick en action est un vrai plaisir coupable. N’empêche qu’on aurait aimé que Disney sorte un peu plus les griffes sur ce coup-là.
Pour conclure, Zootopie 2 reste un spectacle familial efficace et drôle, mais il lui manque l’étincelle de folie et de prise de risque qui l’aurait hissé au niveau supérieur.
Dommage… mais on garde espoir que la prochaine aventure (teasing d’une plume d’oiseau à l’appui) viendra réveiller tout ça !
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