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Verdict 4 sur 5. Critique Obsession film 2026, avis sur le film d’horreur écrit et réalisé par Curry Barker, sorti en France le 13 mai 2026, avec Michael Johnston, Inde Navarrette, Cooper Tomlinson et Megan Lawless. Bear aime Nikki, Nikki ne l’aime pas ainsi, puis un vœu vient faire le sale travail. Voilà une idée simple, presque ridicule sur le papier. Le film a le bon goût de ne jamais la traiter comme une fantaisie mignonne.

  • Titre Obsession
  • Réalisation Curry Barker
  • Scénario Curry Barker
  • Distribution Michael Johnston, Inde Navarrette, Cooper Tomlinson, Megan Lawless
  • Genre horreur, romance noire
  • Sortie France 13 mai 2026
  • Durée 1 h 49
bande annonce Obsession film 2026 Curry Barker

Obsession arrive avec un parcours assez rare pour un premier long métrage. Curry Barker vient du court, de YouTube, de Milk and Serial, donc d’une école où il faut gagner l’attention vite, sans décor luxueux, sans discours pompeux. Le passage au cinéma pouvait donner un film agité, content de prouver qu’il a maintenant une vraie durée. Il donne mieux que ça. Un objet nerveux, dur dans ses idées, plus précis que son pitch de malédiction sentimentale.

Le sujet est la possession. Pas seulement au sens surnaturel. Le film regarde surtout cette phrase que certains récits romantiques avalent sans gêne, je veux qu’elle m’aime. Bear ne demande pas à être regardé. Il demande que Nikki soit privée de son refus. Le détail change tout. Le refus n’est plus un obstacle dramatique. Il devient la seule chose saine dans la pièce.

Obsession fonctionne parce qu’il traite le vœu amoureux comme une agression. Le fantastique n’adoucit pas Bear. Il révèle ce que son romantisme contenait déjà de très laid.

Une romance d’horreur qui sait ce qu’elle accuse

Le film commence dans une zone volontairement banale. Bear a une timidité embarrassée, Nikki existe dans son champ de désir, et l’écriture garde d’abord une apparence de drame adolescent attardé. Ce choix compte. Barker ne fabrique pas un monstre exotique. Il montre un garçon qui se croit blessé parce qu’une femme ne valide pas son scénario intérieur. Le cinéma a souvent vendu ça comme de la mélancolie. Ici, le jugement est plus dur.

Michael Johnston joue Bear avec un mélange utile de douceur molle, de panique et de mauvaise foi. Sa fragilité n’a rien de noble. Elle devient pénible dès qu’elle réclame réparation. L’acteur évite le méchant lisible et c’est beaucoup mieux. Bear peut faire pitié pendant dix secondes, puis donner envie de changer de salle. Cette oscillation donne au film sa tension morale.

Face à lui, Inde Navarrette travaille un registre plus compliqué. Nikki doit exister sous le regard de Bear, subir ce qu’il déclenche, puis retrouver une présence à elle malgré le dérèglement. Le rôle risque souvent de servir la crise de Bear plus que son propre désastre. L’actrice garde une présence physique très nette, surtout quand la mise en scène laisse le visage contredire les gestes.

Curry Barker filme le malaise avec une vraie tenue

La mise en scène a une qualité rare dans l’horreur récente. Elle ne supplie pas le spectateur de sursauter toutes les quatre minutes. Barker préfère installer des plans qui durent un peu trop, des silences mal placés, des coupes qui arrivent avant le confort. Ce n’est pas une révolution. C’est juste une mise en scène qui sait où elle pose les yeux, ce qui suffit déjà à humilier pas mal de sorties récentes.

Le montage sait aussi utiliser l’embarras. Beaucoup de scènes reposent sur un décalage minime entre ce que Bear croit vivre et ce que Nikki subit. L’image refuse l’érotisation simple. Elle garde quelque chose de clinique, parfois ingrat, avec des visages trop près et des gestes trop appuyés. Le film met le spectateur devant une gêne qu’il ne peut pas transformer en romance acceptable.

Le son aide beaucoup. La musique ne cherche pas toujours la charge maximale. Les respirations, les frottements, les bruits domestiques, les ruptures de silence donnent une texture concrète au dérèglement. Quand le film accélère, il garde cette base sensorielle. Rien de très luxueux, mais une cohérence rare pour un premier long vendu avec autant d’attention.

Le vrai point fort reste la mise en scène. Barker sait faire durer une gêne sans la couvrir de musique, puis frapper quand la scène paraît déjà trop intime.

Ce que le film gagne en nerf, Nikki le perd parfois

Obsession a un angle clair, mais cet angle coûte quelque chose. En collant si souvent à Bear, le récit laisse Nikki devenir l’espace où se vérifie sa défaillance. Le film le sait, du moins en partie. Il essaie de faire sentir que son corps, sa parole et sa mémoire sont attaqués. Malgré cela, le point de vue masculin garde trop souvent la main.

Ce n’est pas un détail moral plaqué après coup. C’est une question de cinéma. Quand un film dénonce la possession mais organise beaucoup de scènes à travers celui qui possède, il doit redoubler de précision. Barker y arrive par moments, surtout quand Nikki résiste par de petits écarts. À d’autres instants, le scénario donne trop de place à Bear et à son effondrement, alors que le dommage principal ne se lit pas toujours sur celui qui a déclenché le problème. Et c’est là que le film trébuche un peu.

Le film critique le désir possessif, mais garde trop souvent Bear au centre. Nikki aurait mérité un point de vue plus autonome, plus coupant, moins dépendant de sa crise.

Un premier long qui garde des réflexes de court métrage

On sent l’origine de Barker dans le court. Obsession sait entrer vite dans une situation, trouver un concept, extraire le malaise, puis serrer les scènes autour d’un effet. Cette méthode donne de très bons passages. Elle produit aussi quelques répétitions. L’idée du vœu, de la possession et du consentement forcé est assez forte pour tenir le film. Le récit la réexplique parfois avec une insistance scolaire.

Le dernier tiers veut élargir le mythe, donner une logique plus grande à ce qui se passe, ouvrir la possibilité d’autres récits. Je comprends le geste. Je le trouve moins convaincant que la sécheresse des premières scènes. Plus le film nomme son système, plus il perd de sa force. Pas assez pour s’écrouler, assez pour agacer.

Reste que cette générosité imparfaite a un mérite. Obsession tente quelque chose. Il ne déroule pas seulement le film d’horreur rentable, avec traumatisme prêt à l’emploi et révélations prévues. Il attaque une idée pop très courante, le désir comme droit acquis, et la pousse jusqu’à l’inconfort. C’est déjà plus que beaucoup de films qui se contentent de hurler dans un couloir sombre.

Le tableau de l’avis

Rubrique Note Ce qui marche Ce qui coince
Interprétation 4 sur 5 Michael Johnston rend Bear fragile et pénible sans le simplifier Nikki reste parfois trop liée à son trouble
Mise en scène 4 sur 5 Cadres serrés, ruptures de rythme, malaise tenu Quelques effets répétés dans le dernier tiers
Scénario 3,5 sur 5 Concept très lisible, vraie réflexion sur le consentement Mythologie plus bavarde vers la fin
Horreur 4 sur 5 Gêne durable, pas seulement des sursauts Certains choix parlent trop
Impact 4 sur 5 Un premier long avec une personnalité claire La fin aurait gagné à couper plus tôt

À qui conseiller Obsession

Le film parlera surtout aux spectateurs qui aiment l’horreur de malaise, les romances sabotées et les récits où le monstre n’est pas le seul problème. Si tu viens chercher une attraction pleine de sursauts, tu risques de trouver l’affaire un peu sèche. Si tu acceptes un film qui préfère déranger plutôt que divertir proprement, il y a de quoi sortir satisfait, puis légèrement agacé par Bear. Ce garçon n’a pas besoin d’un grand discours. Il a besoin d’un non ferme et d’une facture de psy.

Dans les critiques récentes du site, Obsession se place loin du thriller plus lisse de critique The Criminals. Il dialogue mieux avec critique Pour le plaisir, autre film traversé par le désir et l’écoute, mais sans les mêmes gants. Pour une variation plus contrôlée autour de l’image et de l’emprise, critique Michael fait presque figure de contrepoint.

Obsession a le bon format pour le bouche à oreille. Titre simple, concept clair, malaise durable. Le genre d’objet que les curieux cherchent après séance.

Mon avis final sur Obsession

Obsession n’est pas parfait, et tant mieux. Le film a des aspérités visibles, une écriture parfois trop explicative, un déséquilibre autour de Nikki. Il garde pourtant une vraie tenue. Curry Barker sait filmer un désir possessif sans le rendre noble. Il regarde Bear assez longtemps pour le comprendre, puis refuse de le sauver. Ce refus fait du bien.

À l’arrivée, Obsession vaut largement le détour pour qui cherche une horreur romantique rude, tendue et plus maligne que son pitch. Pas le chef d’œuvre annoncé par les plus bruyants, pas un simple exercice de style non plus. Un premier long nerveux, irritant, parfois brillant, avec assez de personnalité pour justifier l’attention autour de Curry Barker. Le garçon a du talent. Il faudra seulement qu’il résiste, la prochaine fois, à l’envie de tout souligner au marqueur.

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